S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

Pas une seconde de répit, pas de temps mort, un crescendo sans fin vers des sommets de bruits... « Aucun langage, je ne connais que le bruit pour synchroniser l'amour au rythme du spectacle » chantait Ian Curtis sur Disorder... Oui... Voilà... Nous y sommes... Mais aujourd'hui, Neveldine passe à un tout autre registre : le film jeu-vidéo réservé aux gamers purs et durs avec en filigrane la transmutation de l'humanité, le devenir avatar de l'homme, enfin je crois... et pourtant je ne suis même pas sûr qu'il se rende bien compte de tout ça...
Dans un monde futuriste, les condamnés à mort sont envoyés dans une métropole virtuelle et contrôlés par des joueurs en ligne, livrés à des missions barbares et sanguinolentes. Le film suit un rythme cathartique qui sème rapidement le spectateur en route, se résumant à une succession de séquences d'action à l'arme lourde dans un labyrinthe de mises en abîmes visuelles. Le cadre aspire toute figure, tout lambeau de peau déchiqueté comme un gigantesque trou noir.
Grosse daube alors ? Pas tant que ça. Ce trip sous amphétamine, nous absorbe là, dans une sorte de vertige décérébré, délesté de toute intrigue, pur flottement lumineux, sentiment d'apesanteur dans lequel on voit poindre une drôle d'idée...
Et si c'était le premier à assumer totalement (c'est à dire sans le juger) le fantasme ultime de notre génération et des suivantes... Dépasser un quotidien charnel protecteur et chaud, pour se transmuter en un être pixélisé. Une fantasmagorie de soi dans un théâtre de pulsion bestial où tu pourrais tout choisir, de ton sexe jusqu'à ta corpulence, de la couleur des yeux à la forme de tes lèvres, de ta coiffure au galbe de tes mollets, des armes que tu portes sur tes doigts jusqu'aux vêtements fétichisés qui recouvrent ta chimère.
Internet a sûrement engendré tout cela, des générations de mômes en quête d'un autre soi, fuyant les turpitudes de l'adolescence (Biactol je te hais). Des mômes pataugeant dans second life avec, en point de mire, l'idée suprême : tomber follement amoureux de l'avatar d'un autre ou d'une autre. Une sorte de personnalité erronée mais totalement idéalisée puisque correspondant à des fantasmes que l'on ne s'avoue que lorsque l'on porte un masque...
Et peut-être qu'au fond ce n'est que ça notre « vie de rêve », une sorte d'outre-espace de la vitesse qui en renverse complètement l'horizon : une forme de plan-séquence imaginé où tout ne serait que fluidité et suspension, chair en fusion, sexes empalés dans des bouches vidéodromisées. En finir enfin avec le réel pour se perdre dans le labyrinthe perpétuel et mouvant des nouvelles images obsessionnelles. Exténuer toute figure dans un brouillard de signes. Autant de pistes nouvelles qui vont s'ouvrir bientôt. Cela commencera avec Clones de Jonathan Mostow en Novembre.
Puis en Décembre sortira le dernier James Cameron, intitulé "Avatar"... : Jake Sully, un héros malgré lui, se lance dans une quête de rédemption, de découverte, d'amour inattendu, dont l'issue sera un combat héroïque pour sauver toute une civilisation. Film immatériel puisque le héro est un handicapé rivé sur une chaise roulante, pauvre être de chair dont l'esprit est éclaboussé dans le corps d'une créature extra terrestre inconnue... Désir de fuite dans un autre corps... Nouvel empire numérico-psychédélique... Gros surmoi sous acide... Wii ficelées à la rétine... tantrisme de nos soirées débauchées...
Jeu pense donc jeu suis !

By Kowalski
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Oui, par amour je serais prête à re...
Clap clap.... merci pour cette décou...
Tous les débuts sont hésitants, à ...
Character problem. empty comment
Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...