Rideau !
Mercredi, 28 Octobre 2009 00:00
zan'
Chaque jour je viens. Chaque fin d'après-midi. Et j'attends. J'attends l'instant où elle allumera la lampe. Je ne connais d'elle que sa divine silhouette. Derrière le rideau lourd. L'ombre circule, danse, liane, longuement. Jusque des heures insensées parfois. Avant que ne s'éteigne la lampe. De l'appartement du dernier étage au numéro 15 de la Rue de la Fontaine. Où il n'y a pas de fontaine.
Chaque matin je noue avec soin ma cravate. Je lisse ma veste d'un revers de main. En révisant devant le miroir le sourire que je lui destine. Dans l'espoir qu'après le bureau, alors que je l'attends sur le trottoir, elle tire enfin son rideau. Mais il voile éternellement l'intérieur secret.
Les saisons passent. Défilent. Elle ne déménage pas.
Je préfère l'hiver. Elle y allume plus longtemps la lampe. Plus tôt.
La plante sur le balcon n'a pas été rentrée. Elle a dû geler la nuit dernière : il a fait si froid. Sait-elle tous ces petits riens pour lesquels je serais exceptionnel ? Le petit déjeuner au lit le dimanche matin est d'une banalité ! Moi je serais extra ordinaire : je changerais ses rideaux ! Je laverais ses vitres ! Je referais les joints. Je démonterais les volets inutiles. Je soignerais ses plantes toute l'année ! Et pour ça je dois dire que j'ai plutôt la main verte ! Elle ne gèlerait pas, là. Elle ne mourrait pas dehors. Seules. Tristes. Loin d'elle.
Ce soir encore j'attends. L'amour fait battre mes pieds gelés et je tremble à l'idée qu'elle ne rentre pas. Car qui pourrait appeler la police ? Comment leur expliquer mon inquiétude pour cette inconnue dont je suis éperdu ? Les soirs où elle n'allume pas, je me meurs ! J'angoisse ! Je panique ! Et j'attends toute la nuit !
Ah ! Lumière !
...Elle n'apparaît pas...
Je ne regarde pas ma montre. Le temps n'a pas le droit d'exister dans ces instants plein de Passion. Je saurai être patient... Il fait froid tout de même.
La voilà ! Ombre découpée dans le plus délicat des papiers noirs.
Elle passe. Glisse. Disparaît. Magnifique ballet. Dont j'imagine le chant.
Soudain elle s'approche. Grandit. Se précise. Vais-je découvrir enfin son minois ?
Mon cœur s'emballe ! Elle ouvre le rideau ! Et la fenêtre !
Dieu qu'elle est belle ! Je suis subjugué ! Entièrement conquis !
Ses cheveux en bataille sont une auréole angélique ! Son chemisier dessine une corps de... de rêve ! Ses sourcils froncés transcendent son intelligence ! Son teint est celui des murs ! Elle prend le pot de fleur qu'elle inspecte d'un air dépité. Ô oui ma Douce, sais tu, si j'étais ton mari, comme ces plantes seraient soignées ? Celle-ci est dans un piètre état... Moi je pourrais... Elle tourne la tête vers moi. Me voit. Je rougis. Réajuste ma cravate. Tente un timide sourire. Maladroit. Loin de celui que j'avais crée pour elle. Elle regarde le pot qu'elle tient. Hésite. À peine. Et le jette violemment. Il éclate à mes pieds. Elle aurait pu me tuer ! Je regarde. Bouche bée, je crois. Le pot en morceau. Son visage fâché. Elle crie d'une voix presque râpeuse :
"Dégage ou j'appelle les flics !"
Dieu que je l'aime...

By Zan'
Salut Lili, Bienvenue ici !
La politique du renouvellement perpet...
Hello
Merci. - Je suis tombée sur ton blog...
asics - LYCY20100827 Successful peopl...
asics - LYCY20100827 Successful peopl...
asics - LYCY20100827 Successful peopl...
asics - LYCY20100827 Successful peopl...
asics - LYCY20100827 Successful peopl...
asics - LYCY20100827 Successful peopl...