Le blog dont on ne dit pas le nom
Je pensais que le cordon ombilical reliait le nombril du bébé à celui de sa maman.
Je croyais que les poumons étaient comme deux sacs plastique.
J'imaginais que mes parents et mes sœurs avaient été remplacés par des extra-terrestres.
Je dormais sur le coté parce que mon corps était ainsi moins en contact avec le matelas et ça diminuait le risque de mourir si un assassin planqué sous mon lit avait idée de me foutre un coup de couteau.
Je pensais que lorsque je tirais la chasse-d'eau il y avait tout un mécanisme (en bois) de cascades artificielles dirigé par des lutins.
Comme le système des chutes d'eau au pays des schtroumpfs.
Je faisais des cauchemars toutes les nuits. Et même lorsque je me réveillais, les cauchemars se poursuivaient. Je détestais ça. Je déteste ça.
Je croyais qu'il y avait un tube pour avaler les aliments solides et un autre pour l'eau.
Je mangeais de tout. Même la "soupe au bœuf" que je détestais.
J'étais si fière d'avoir une maman jeune que je souhaitais être maman à 16 ans. Je voulais 6 enfants.
La maîtresse, dont je ne lâchais jamais la jupe et à qui je racontais des histoires faramineuses, m'appelait le Petit Prince.
Marlène, Anaïs et Cécile jouaient ensemble aux Petits Poneys dans la cours de l'école (Elles ne jouaient pas AVEC des Petits Poneys ! Elles ETAIENT des Petits Poney: Les vieux wc extérieurs servaient de box improvisés). Je leur demandai si je pouvais jouer avec elles. Anaïs et Marlène refusèrent : "Tu es trop grande". J'avais un an de plus qu'elles. Cécile refusa : "Tu es trop petite." J'avais un an de moi qu'elle. Face à une telle mauvaise foi, je m'énervai. Et jettai un cailloux sur la tête d'Anaïs qui pleeeeeeura. Bon. Pas un cailloux. Une pierre. D'accord. La maîtresse m'envoya au coin. Vraiment trop injuste.
Je mangeais du gros sel et des pâtes sèches que je piquais dans l'armoire de la cuisine.
La veille de ma première (et unique) boum, ma maman, qui jouait avec nous à faire des ciseaux dans la cuisine, est tombée et s'est cassé le poignet. La boum a été annulée.
A l'école, le bouc émissaire était roux et il s'appelait Guillaume.
Par empathie je lui ai dit "Si tu veux, plus tard, j'me marierai avec toi, si personne ne veut".
J'avais peur de demander à l'instituteur pour aller aux toilettes pendant le cours. Car il insistait à haute voix pour savoir si c'était urgent. J'ai fait pipi sur ma chaise. A l'heure de la cantine, le gentil Yohann a voulu ramasser la serviette que j'avais jeté "discrètement" à l'endroit de la flaque pour la couvrir. Et a découvert le pot au rose.
J'écrivais des mots d'amour à Stéphane que je glissais dans son verre. Comme si on ne voyait pas à travers...
A l'école il y avait des toilettes turques. Dehors. Sans chasse. Et profond. Avec des crocodiles au fond. C'est Marlène qui me l'a dit. Non pas la méchante : l'autre.

Je ne connaissais pas les chansons à la mode. J'écoutais avec mes sœurs et ma maman nos quelques k7 : Brassens, Pow Wow, Renaud, Duteuil, et Clayderman.
Je croyais que Clayderman était le compositeur de Lettre à Elise. Du coup.
Je pensais que l'Amour était un sentiment. Et que la Moure était l'acte simili-sexuel (ce que j'en imaginais à l'époque).
Je jouais à Cat's Eyes. Je détestais Candy. Et dans la cours de l'école nous étions une multitude de Biomans aux couleurs
invraisemblables.
La maman de nos copines Calou et Liou nous a donné des chewing-gums. Je devais avoir 7 ans. Mes sœurs 5½ et 4 ans. Notre premier chewing- gum. Une demi heure plus tard elle passe et nous demande de les recracher dans sa main. Stupéfactions. On a fait genre on les avait déjà jeté. C'est dégueulasse les chewing-gums.
J'avais un pantalon jaune bouton d'or que ma maman m'avait fait. Ma sœur Coralie avait le même en plus petit. Ma sœur Dorine avait le même en encore plus petit.
J'avais fêté mes 3 ans quelques jours plus tôt. Ma plus petite sœur est née. Ma maman était à la maternité. Mon papa nous gardait. J'avais le droit de prendre une couche pour la mettre à mon nounours qui portait également mes bottes en caoutchouc bleu. J'ai appelé papa parce qu'il pleuvait dans la pièce à côté. Il avait gelé et toutes les canalisations d'eau avaient pété.
Mon esprit vagabondait pendant les cours, et s'évadait par la fenêtre en suivant le premier mot du maître qui invitait au voyage. Du coup le maître me lançait des bouts de craie pour me ramener sur terre. Parfois je me baissais au mauvais moment (ou au bon ?) et c'est le gentil Yohann qui se prenait la craie, la ramassait surpris et se dirigeait vers le bureau du maître, la trouille au ventre. Le maître soupirait en me regardant.

by Zan'
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Salut Lili, Bienvenue ici !
La politique du renouvellement perpet...
Hello
Merci. - Je suis tombée sur ton blog...
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